Une adresse, une image de cette adresse. Et une histoire qui n'y a jamais eu lieu.

FRANCE // ILE D’OLERON // PASSAGE DE SAINT-SEVERIN


Elles se sont connues elles devaient avoir genre 3 ou 4 ans, mais ça veut surtout dire depuis toujours. Ça a commencé par une histoire de vélos et de petites roues, une tête blonde aux cheveux longs et une tête brune avec des noeuds qui poussent leurs guidons l’une contre l’autre. Et puis ça a été la mer, sur la longue plage leurs corps nus qui courent vers les vagues avec les hurlements des parents derrière. Les rires des cachettes pour faire BOUH et les glaces avec des bâtonnets enrobés de chocolat, qu’elles grattaient avec leurs dents de lait restantes. 

Plus tard, elles ont eu droit de partir sur les sentiers de l’île toutes seules, pas très loin mais quand même, l’âge de raison et leurs shorts courts en éponge, pieds nus calleux sur les petits cailloux. Elles ont fait des cabanes dans des arbres trop petits pour en casser les branches, se sont raconté des histoires de trésor pour creuser longtemps au fond du jardin. 

Elles ne se voyaient que l’été mais à un âge où l’été ça a l’air de durer plus longtemps que l’année scolaire, à l’âge aussi où on s’observe déjà les cuisses les doigts le ventre pour comparer qui est la plus belle. L’année de leur neuf ans elles ont embrassé le même garçon et ne se sont pas tirées les cheveux mais pire. La tête blonde et la tête brune s’arrachaient des mèches entières pour moins que ça, pour un crabe volé ou une nouvelle copine préférée pendant quelques heures. Pour une triche au Monopoly elles se laissaient des traces rouge sang d’ongles mal coupés sur les bras, les mollets, les joues. Alors pour le premier amoureux elles ont cherché longtemps comment faire plus plus mal encore. Les mots en douce, les pesteries elles étaient déjà des as depuis leur sept ans. A neuf elles ont décidé de se déchirer l’âme, de se briser le coeur définitivement. 

Elles ont cessé de se voir parce que l’enfance n’a pas d’avenir et que les mômes sont des punks. 

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FRANCE // ILE D’OLERON // PASSAGE DE SAINT-SEVERIN

Elles se sont connues elles devaient avoir genre 3 ou 4 ans, mais ça veut surtout dire depuis toujours. Ça a commencé par une histoire de vélos et de petites roues, une tête blonde aux cheveux longs et une tête brune avec des noeuds qui poussent leurs guidons l’une contre l’autre. Et puis ça a été la mer, sur la longue plage leurs corps nus qui courent vers les vagues avec les hurlements des parents derrière. Les rires des cachettes pour faire BOUH et les glaces avec des bâtonnets enrobés de chocolat, qu’elles grattaient avec leurs dents de lait restantes. 
Plus tard, elles ont eu droit de partir sur les sentiers de l’île toutes seules, pas très loin mais quand même, l’âge de raison et leurs shorts courts en éponge, pieds nus calleux sur les petits cailloux. Elles ont fait des cabanes dans des arbres trop petits pour en casser les branches, se sont raconté des histoires de trésor pour creuser longtemps au fond du jardin. 
Elles ne se voyaient que l’été mais à un âge où l’été ça a l’air de durer plus longtemps que l’année scolaire, à l’âge aussi où on s’observe déjà les cuisses les doigts le ventre pour comparer qui est la plus belle. L’année de leur neuf ans elles ont embrassé le même garçon et ne se sont pas tirées les cheveux mais pire. La tête blonde et la tête brune s’arrachaient des mèches entières pour moins que ça, pour un crabe volé ou une nouvelle copine préférée pendant quelques heures. Pour une triche au Monopoly elles se laissaient des traces rouge sang d’ongles mal coupés sur les bras, les mollets, les joues. Alors pour le premier amoureux elles ont cherché longtemps comment faire plus plus mal encore. Les mots en douce, les pesteries elles étaient déjà des as depuis leur sept ans. A neuf elles ont décidé de se déchirer l’âme, de se briser le coeur définitivement. 
Elles ont cessé de se voir parce que l’enfance n’a pas d’avenir et que les mômes sont des punks. 
  1. letigreduparking a publié ce billet

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