Une adresse, une image de cette adresse. Et une histoire qui n'y a jamais eu lieu.

USA // NEW YORK // PRINCE STREET


Ça commence comme ça tout doucement, par une amie qui vous ressemble beaucoup.

A la terrasse d’un bar nous sommes comme deux jumelles, nos visages en miroir et nos voix sans porte-à-faux. Le glissement est facile, indolore. Il me faut un nouveau nom, me voilà elle avec aisance. La ligne de fuite se dessine, comme les pastels sur le carnet à carreaux de l’enfance, comme mes jambes minces qui savent à la fois longer le catwalk et boxer. La route est toute tracée parce que j’ai fait un choix à un moment donné. Il ne faudrait pas me plaindre, dire c’est la faute à la société, aux autres ou je ne sais quoi. Même pas la faute à mon visage de reine qui me prédispose encore et toujours à être quelqu’un d’autre. On choisit tous.

Je ne vous raconterai pas les détails, les cartes, les chèques, les comptes usurpés, ce sont surtout les sourires et les mots le plus important. Je ne mens jamais, cela ne marcherait pas. Je dis la vérité, seulement partielle, seulement celle que je m’invente, qui s’est de toute façon glissée sur mes ongles comme un vernis vieux rose. Les couleurs sont importantes, vives, assorties de tons doux, jean pâle et cuir précieux. Ce n’est pas qu’on prend vite goût aux chambres de luxe et à la lumière des chandelles des tables blanches, c’est que chaque chose ainsi forme un puzzle fluide, que chaque jour je bâtis avec souplesse. Evidemment cela demande de l’énergie, mais cela n’a jamais été un problème, j’en ai plus que quiconque. 

Les puzzles doivent régulièrement changer, talons aiguilles ou derbys grises, chaque année les silhouettes de mon décor sont différentes. Kaléidoscope en CinémaScope. Et puis cela fait du bruit l’adrénaline, cela a une odeur forte et cela brûle la peau comme le vent dans une décapotable. 

Parce finalement tout ce qui compte c’est ça, l’échappée. L’échappée belle.

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USA // NEW YORK // PRINCE STREET

Ça commence comme ça tout doucement, par une amie qui vous ressemble beaucoup.
A la terrasse d’un bar nous sommes comme deux jumelles, nos visages en miroir et nos voix sans porte-à-faux. Le glissement est facile, indolore. Il me faut un nouveau nom, me voilà elle avec aisance. La ligne de fuite se dessine, comme les pastels sur le carnet à carreaux de l’enfance, comme mes jambes minces qui savent à la fois longer le catwalk et boxer. La route est toute tracée parce que j’ai fait un choix à un moment donné. Il ne faudrait pas me plaindre, dire c’est la faute à la société, aux autres ou je ne sais quoi. Même pas la faute à mon visage de reine qui me prédispose encore et toujours à être quelqu’un d’autre. On choisit tous.
Je ne vous raconterai pas les détails, les cartes, les chèques, les comptes usurpés, ce sont surtout les sourires et les mots le plus important. Je ne mens jamais, cela ne marcherait pas. Je dis la vérité, seulement partielle, seulement celle que je m’invente, qui s’est de toute façon glissée sur mes ongles comme un vernis vieux rose. Les couleurs sont importantes, vives, assorties de tons doux, jean pâle et cuir précieux. Ce n’est pas qu’on prend vite goût aux chambres de luxe et à la lumière des chandelles des tables blanches, c’est que chaque chose ainsi forme un puzzle fluide, que chaque jour je bâtis avec souplesse. Evidemment cela demande de l’énergie, mais cela n’a jamais été un problème, j’en ai plus que quiconque. 
Les puzzles doivent régulièrement changer, talons aiguilles ou derbys grises, chaque année les silhouettes de mon décor sont différentes. Kaléidoscope en CinémaScope. Et puis cela fait du bruit l’adrénaline, cela a une odeur forte et cela brûle la peau comme le vent dans une décapotable. 
Parce finalement tout ce qui compte c’est ça, l’échappée. L’échappée belle.